Voici le synopsis officiel du remake de Total Recall.
TOTAL RECALL is an action thriller about reality and memory, inspired anew by the famous short story “We Can Remember It For You Wholesale” by Philip K. Dick. Welcome to Rekall, the company that can turn your dreams into real memories. For a factory worker named Douglas Quaid (Colin Farrell), even though he’s got a beautiful wife (Kate Beckinsale) who he loves, the mind-trip sounds like the perfect vacation from his frustrating life – real memories of life as a super-spy might be just what he needs. But when the procedure goes horribly wrong, Quaid becomes a hunted man. Finding himself on the run from the police – controlled by Chancellor Cohaagen (Bryan Cranston), the leader of the free world – Quaid teams up with a rebel fighter (Jessica Biel) to find the head of the underground resistance (Bill Nighy) and stop Cohaagen. The line between fantasy and reality gets blurred and the fate of his world hangs in the balance as Quaid discovers his true identity, his true love, and his true fate.
Pas de Mars ! Cela semble prometteur, même si ce synopsis ne traite réellement que du premier acte du film. Attendons la bande annonce !
Voilà une initiative aussi intelligente qu’originale. Houghton Mifflin Harcourt vient de sortir une application iPad pour The Exegesis. Elle permet, à moindre coût d’acheter le livre et de bénéficier de quantité de services innovants qui apportent un réel confort de lecture supplémentaire.
Voyons alors de quoi il en retourne.
En premier lieu, il s’agit d’un livre numérique, vendu sous la forme d’une application. Le texte est bien évidemment en version originale !
Les fonctions offertes sont les suivantes :
Lire et accéder aux notes au fil de la lecture ;
Commenter ces mêmes notes ;
Ajouter vos propres notes ;
Accéder aux notes des autres lecteurs ;
Discuter avec les lecteurs.
Splendide, non ?
Malheureusement tout cela n’est possible qu’à condition d’avoir un compte Facebook. Il est bien évidemment possible de lire le texte sans, mais dans ce cas-là vous n’avez pas accès à certaines fonctions. À noter un petit bug lors : l’application refuse de se connecter à Facebook sur mon iPad si j’ai l’application officielle Facebook installée. J’ai dû l’effacer pour tout retourne dans l’ordre.
Le prix est dérisoire : 17,99 Euros, soit près de la moitié du livre en version papier. Pour l’instant, je suis assez séduit, et j’espère que les quelques bugs de fonctionnement seront rapidement corrigés.
Message assez triste que je vous transmets tel quel. Tessa Dick, dernière femme de Philip K. Dick, a posté sur YouTube un appel à la générosité. Sa situation financière est catastrophique, elle est en attente d’une aide sociale.
La pièce Urbik / Orbik, de la compagnie Cie Haut et Court sera jouée ces jeudi 12 et vendredi 13 janvier à 20h au Théâtre de Vénissieux. Voici le programme des réjouissances !
Vendredi 13 Janvier - 19H
RENCONTRE « Comment construire un univers qui ne s'effondre pas deux jours plus tard... » Autour de l’œuvre de Philip K. Dick, l’équipe artistique et un astrophysicien interrogent l’hypothèse d’univers parallèles.
Jeudi 12, Vendredi 13 Janvier - 20H
DURÉE : 1H30 DISTRIBUTION : D'après un roman inédit de Lorris Murail inspiré par l'œuvre et la vie de Philip K. Dick Adaptation, scénographie et mise en scène : Joris Mathieu Interprétation : Philippe Chareyron, Odile Ernoult, Marc Menahem, Marion Talotti Musique : Nicolas Thévenet Lumière et scénographie : Nicolas Boudier Création vidéo : Loïc Bontems, Siegfried Marque Administration : Olivier Bernard Production et diffusion : Philippe Puigserver
Mon histoire avec Radio Free Albemuth a commencé en 1999. À cette époque lointaine, je collaborais activement à la rédaction d'un fanzine remarquable, Slash. Je ne me souviens plus aujourd'hui où j'avais trouvé l'information (dans un numéro de For Dickheads Only peut-être, ma mémoire me joue un tour !) en tout cas on y parlait de l'adaptation prochaine d'un autre roman de Philip K. Dick. J’entrai alors en contact avec le réalisateur qui acceptait de faire l'interview que vous pouvez toujours lire sur ce site. Je vous rappelle qu’à l’époque Minority Report n’avait pas encore été tourné ! Par la suite, j’ai toujours suivi de près l'évolution du projet. En 2008, après bien des aléas, le tournage avait enfin lieu. Cela a donné une deuxième interview. Maintenant, le film est terminé. Sa fabrication a été une aventure assez extraordinaire dont j’ai souvent eu l’occasion de vous tenir informé. Alors une question se pose : qu’en est-il de la qualité du film ? Il est certain qu’Hollywood nous a habitués à des adaptations qui se contentent de quelques thèmes dickiens pour le meilleur, du seul nom de Philip K. Dick sur l’affiche pour le pire... Nous pouvions être dubitatifs, voire carrément inquiets ! Alors, autant le dire dès maintenant :
J’ai vu Radio Free Albemuth et ce film peut vous réconcilier avec l’idée qu’il est possible d’adapter intelligemment un texte de Philip K. Dick au cinéma.
L'histoire
Le film débute par trois séquences. La première nous présente le personnage de Phil, couché sur une paillasse, en train d'écrire sur un bout de papier. Sa voix off nous apprend qu'il va raconter l'histoire de son ami Nicholas Brady. La seconde lance ce retour en arrière en montrant NicholasBrady travaillant chez un disquaire à l'ancienne et débattant avec son patron au sujet de la concurrence du CD digital. Enfin la troisième nous ramène vers Phil, tapant à la machine, sur fond de I Wanna Destroy You des Softs Boys (spotify). Un chat sur sa gauche, whisky et cigarettes à droite : pas de doute, c’est un écrivain. Le chat s'échappe. Phil entend un crissement de pneus : l’animal vient d’être écrasé par une camionnette. Puis commencent les premières manifestations de SIVA, la lente découverte que l’Amérique du film est en réalité une uchronie totalitaire. Il ne reste maintenant qu’à comprendre les messages de ce satellite extra-terrestre, qui indique peut-être un moyen d’entrer en résistance, de renverser le président Fremont, qui sait, peut-être à l’aide d’une jeune femme, Sylvia...
Welcome to the Party
En caricaturant, on peut dire qu'il a d’abord existé deux sortes d'adaptations des romans de Philip K. Dick. Tout est présent dès les deux premières en fait. Avec Blade Runner, nous avons une approche artistique, pour ne pas dire intellectuelle du propos, où les thématiques dickiennes sont travaillées au plus près ; avec Total Recal un tour à 180° est exécuté pour tendre vers le film d'action très grand public. Dans les deux cas, le travail d’adaptation est assez lâche, ne gardant que peu d’éléments des textes originaux tout en développant par la bande des thématiques dickiennes. Une troisième voie est apparue par la suite, celle de l'adaptation fidèle, allant de Confessions d'un barjo à Scanner Darkly. Radio Free Albemuth appartient à cette dernière catégorie, cherchant à rester non seulement fidèle à l'intrigue, mais également aux thèmes et surtout aux personnages du roman. En fait, sa profonde originalité est de proposer une approche littéraire du projet. Le scénario est à ce titre particulièrement intelligent. Toutes les scènes clés sont présentes, et la mise en scène parvient à éviter l’ennui de trop longues séquences de discussions. Je me suis même demandé une fois ou deux si telle scène était bien dans le livre ou non, c’est dire si le travail d’adaptation est bluffant ! Surtout le film parvient à conserver la part autobiographique du roman et restitue les interrogations métaphysiques d’un Philip K. Dick suite aux événements de 1974. Le film se permet ainsi de toucher au mysticisme sans faire de concessions. La question est abordée frontalement, comme dans le roman, confiant dans la capacité du spectateur d’assimiler les informations. Cela n’aurait jamais été possible si le film n’avait été tourné autrement qu’avec un budget microscopique. Produit dans la structure d’un studio, il aurait fallu faire des compromis, simplifier, expliquer plus. Alors pour pallier au manque de moyens, la mise en scène s'appuie manifestement sur le talent des acteurs et leur capacité à porter l’aspect uchronique de la fiction tout en rendant sensible l’évolution de leurs personnages. S’ils arrivent à y croire, il nous est alors possible de les suivre. Et cela fonctionne. Le film se concentre ainsi exclusivement sur ses personnages et ne nous montre quasiment rien du reste du monde. Comme dans le roman, le sujet profond est celui de l’humanité et de son regard vers la transcendance, de ce qu’elle est, et de ce qu’elle peut devenir tout en restant à la hauteur d’un couple d’amis embarqués dans une histoire qui les dépasse. Je parlai d’un petit budget. Il est certain que pour un œil nourri de superproductions américaines, cela se voit. Les effets spéciaux sont pauvres, la photographie, pourtant assez belle, souffre également par moment du manque de moyens, et pour être totalement honnête, quelques acteurs ont un jeu assez monolithique… Mais ce sont des éléments naturels pour une production de cette envergure et franchement, je ne vois pas en quoi on pourrait reprocher cela au film. Parce qu’au moins, le film existe. Et que tout cela n’empêche pas John Alan Simon de nous offrir quelques très beaux plans urbains et de parvenir à produire souvent de belles images de cinéma.
Écrire une chanson
Trois acteurs emportent le morceau à mes yeux. En premier lieu, le duo Nicholas Brady (JonathanScarfeIMDB) et Phil (SheaWhighamIMDB) fonctionne. On peut croire à leur amitié ainsi qu’à leurs conversations sur la vie, l’univers et le reste. J’ai apprécié que SheaWhigham ne cherche pas à singer Philip K. Dick mais à proposer sa vision du Dick romanesque. Cela évite la caricature tout en restant fidèle au fait que, même dans le roman, nous avions avant tout un personnage qui s’appelait Philip K. Dick et non Dick lui même. J’ai également aimé le personnage de Vivian Kaplan (Hanna HallIMDB), qui de scène en scène apparaît comme une incarnation même de cette Amérique totalitaire, tout d’abord faussement amicale, puis dangereusement séductrice et finalement froidement destructrice. Par contre, Alanis Morissette dans le rôle de Sylvia m’a moins convaincu. Au moins nous avons une chanteuse qui interprète le personnage d’une chanteuse ! Je tiens à rappeler aux fans de Twilight qu’Ashley Greene n’apparaît que dans une seule scène (mais ô combien essentielle !) D’ailleurs il est important de signaler que la musique est particulièrement réussie. Si vous connaissez le roman, vous comprenez aisément pourquoi et on ne peut que souligner la qualité du travail de Robyn Hitchcock.
By the kids
Est-ce que c’est un film pour vous, ma foi, si vous êtes ici, c’est fort possible ! Est-ce que cela peut fonctionner pour tous les spectateurs ? Je n’en sais rien et la question n’a que peu de sens. Voir le film demande un petit effort. Juste celui d’accepter que l’on nous raconte une histoire sans que le film soit techniquement parfait. Autrement dit, il est certain que si les effets spéciaux du film, qui servent la narration, mais restent limités, vous gênent au-delà de toute raison, alors ce film n'est pas pour vous. Et vous rateriez certainement l’une des meilleures adaptations cinématographiques de Philip K. Dick. Maintenant le film fait une brillante tournée mondiale à travers les festivals. Malheureusement, il n'a toujours pas été projeté en France, malgré mes efforts. Mais ce n’est pas encore perdu et je suis certain que l’année 2012 nous offrira l’occasion de découvrir Radio Free Albemuth sur grand écran. Sur le même sujet, lire :