Les multiples fins de Blade Runner | Philip K. Dick - Le site dickien

Les multiples fins de Blade Runner

Couverture grecque de Blade Runner
On le sait que la production de Blade Runner ne fut pas un long fleuve tranquille. Les scénarios se succédaient à un rythme effrénés et maintenant de nombreuses versions sont disponibles sur la Toile.
Ainsi il est possible de lire une version datée du 24 juillet 1980 (signée Hampton Fancher), une autre de 23 février 1981 (signée cette fois par Fancher et David Peoples).
David Peoples a rejoint la production en novembre 1980, la collaboration entre Fancher et Ridley Scott étant devenue trop difficile.
Une nouvelle version vient d'apparaître, cette fois datée du 22 décembre 1980.
Il est intéressant de noter que Fancher cessa officiellement de travailler sur le film le... 21 décembre 1980 (il reviendra sur le tournage cependant pour aider à la réécriture de quelque scènes vers la fin de la production.)
Pour en terminer avec les dates, un dernier rappel : l'article de Philip K. Dick dans lequel il éreintait la future adaptation de son roman date du 15 février 1981 (dans le Select TV Guide de Los Angeles)... Quand il lira le nouveau script de Peoples, Dick sera nettement plus enthousiaste.
Le tournage a commencé le 9 mars 1981 pour une durée de quatre mois.

Que nous apprennent ces trois versions différentes ?

24 juillet 1980


Roy Batty tué, Deckard et Rachel s'enfuient. Ils passent une merveilleuse journée dans une campagne enneigée... Deckard tue Rachel et se retrouve seul, méditant sur la réalité des choses dans un dernier monologue en voix-off :

DECKARD (V.O.)
I told myself over and over again, if I hadn't done it, they would have.
I didn't go back to the city, not that city, I didn't want the job.
She said the great advantage of being alive was to have a choice. And she chose. And a part of me was almost glad. Not because she was gone but because this way they could never touch her.
As for Tyrell -- he was murdered, but he wasn't dead. For a long time I wanted to kill him. But what was the point? There were too many Tyrells. But only one Rachael. Maybe real and unreal could never be separated. The secret never found. But I got as close with her as I'd ever come to it. She'd stay with me a long time. I guess we made each other real.



22 décembre 1980


Le lendemain de la mort de Batty. Deckard et Rachel sont dans l'appartement de Deckard. Le capitaine Bryant arrive mais Deckard refuse de le laisser entrer. Bryant, qui a compris que Rachel était là, dit à Deckard que Gaff est ambitieux.
Deckard tire ensuite sur Gaff, qui surveillait l'appartement. Lassé de tuer, Deckard s'enfuit avec Rachel. Ils quittent la ville et traversent un paysage dévasté "suggesting stories we don't know about between now and then." Deckard s'arrête en chemin sur une plage encombrée de carcasses de véhicules et de déchets pour lui faire découvrir la neige, qu'elle n'avait jamais vue. Rachel lui lance du sable mais Deckard est mal à l'aise et ne semble pas savoir comment jouer avec elle. Rachel déclare qu'il s'agit du plus beau jour de sa vie. Et elle a demandé à Deckard de la tuer. Ce qu'il a fait.
Deckard reprend la route, méditant sur son existence.

DECKARD (V.O.)
It was too late now. They would'nt give me papers for the Colonies even if I wanted them. It made me wonder more than ever what they do up there... I wondered who designs the ones like me... what choices we have... and which ones we just think we have.

Deckard regarde alentours. Son portefeuille posé à côté de lui contient une photo de sa femme et de son fils.
La méditation continue :

DECKARD (V.O.)
I wondered if I had really loved her. I wondered which of my memories were real and which belonged to someone else.

La caméra zoome sur le visage tendu de Deckard.

DECKARD (V.O.)
The great Tyrrell hadn't designed me, but whoever had, hadn't done so much better. 'You're programmed too,' she told me, and she was right. In my own modest way, I was a combat model. Roy Batty was my late brother.


Deckard regarde le ciel. Fondu au noir. Fin.

23 février 1981


Deckard et Rachel sont dans l'appartement de Rachel. Il lui demande si elle l'aime et lui fait confiance. Elle répond par l'affirmative. Il prend quelques affaires et ils se dirigent vers l'ascenseur. Il découvre en chemin un pliage en forme de licorne. Les deux amants roulent ensuite à travers la campagne. Dernière voix-off de Deckard alors qu'un voyant clignote sur son tableau de bord :

DECKARD (V.O.)
I knew it on the roof that night. We were brothers, Roy Batty and I ! Combat models of the highest order. We had fought in wars not yet dreamed of... in vast nightmares still unnamed. We were the new people... Roy and me and Rachael ! We were made for this world. It was ours!


Puis la caméra montre le spinner de Gaff, à leur poursuite.
Le script s'achève sur l'annonce du générique :

CREDITS ARE ROLLING, God help us all !


(j'ai honteusement repris un article de io9)

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