Le final cut de Blade Runner a été diffusé par France 2 dimanche soir.
Le blog totaldickhead a mis en ligne une interview de Philip K. Dick parue dans les années quatre-vingts. À lire de toute urgence ! Mise à jour : Henri nous précise que l’interview date en fait de 1974 (quelle année !). De nombreuses autres sont disponibles, jetez un œil !
Tessa Dick est la cinquième et dernière femme de Philip K. Dick. Ils se sont mariés en 1973 et elle fut le témoin privilégié des événements de février 1974, quand Dick vécut une série d’épiphanies religieuses.
Elle a eu la gentillesse de répondre à nos questions à l’occasion. La traduction française n’est pas encore finalisée. Je vous posterai sous peu une première version. En attendant, vous pouvez tout de même consulter la version originale.
Tessa Dick parle de The Owl in Daylight chez sffmedia.com. En deux mots, elle craint que le film a venir ne soit pas à la hauteur du projet. Mieux, elle propose d’écrire le roman que Dick envisageait de faire. Elle affirme :
I have studied Goethe's Faust and Dante's Divine Comedy, and Phil explained to me in detail how they relate to the theme of his novel. It is simply a matter of sitting down and typing it, if anybody asks me to do so.
Notre propre interview avec Tessa sera en ligne sous peu. En attendant, elle intervient depuis quelques temps sur le site au sujet de The Owl in Daylight. N’hésitez pas à prendre part à la conversation, in english, please.
Revenons brièvement sur la naissance de Radio Libre Albemuth pour les distraits. Le roman, initialement intitulé Valisystem A (ou encore To Scare the Dead) était conçu comme un prolongement de Coulez mes larmes, dit le policier. En effet, il en reprend et développe la description d'une société américaine totalitaire. Mais le texte dépasse la simple notion de suite rapidement. Refusé en 1976, l'éditeur demande trop de modifications, Dick s'embarque immédiatement dans ce qui sera certainement son ultime chef-d'oeuvre : SIVA dont Radio Libre Albemuth n'est finalement que la matrice ou, comme le dit joliment l’édition française, un prélude. D’ailleurs le roman se retrouve condensé dans SIVA sous la forme du film que les personnages vont voir. Nous parlerons bien un jour de la mise en abyme chez Dick, alors n’allons pas trop loin. Dick donnera le manuscrit abandonné à son ami Tim Powers. Il ne sera publié qu'en 1985, de façon posthume. Relire le livre aujourd'hui est une expérience étonnante. Parce que la lecture se trouve rapidement contaminée par les souvenirs de SIVA ou encore par la connaissance de la vie de Dick. Ensuite parce que le roman tient parfaitement la route en lui-même.
Radio Libre Albemuth
La première partie est intitulée ‘PHIL’. PKD en est le narrateur.Il raconte l’histoire de Nicholas Brady. Ce dernier travaille à Berkeley, dans une Amérique uchronique gouvernée par un incompétent ultra-conservateur en lutte avec une organisation clandestine, Aramchek. Le président Ferris F. Fremont est un avatar grotesque et montrueux de Joseph McCarthy et Richard Nixon, celui que ses initiales désigne comme l’Antechrist (FFF=666 !). Brady vivote sans réellement nuire à personne. Jusqu’au jour où un certain rayon rose le frappe et l’amène à entrer en contact avec une entité extra-terrestre bienveillante, SIVA, qui communique avec lui depuis les étoiles. La deuxième partie est intitulée ‘NICHOLAS’ et voit une bascule de narrateur. Brady prend désormais la parole alors que le récit se concentre autour de la lutte contre le pouvoir totalitaire de Ferris F. Fremont et que l’uchronie prend tout son sens.
Largement autobiographique, nous voyons poindre ici de nombreuses préoccupations propres à la dernières période de Dick. Les principales étapes de la crises de 1974 sont évoquées (lire à ce sujet la bande dessinée de R. Crumb The Religious Experience of Philip K. Dick). Dick a choisi de diviser cette expérience sur ces deux personnages. L’un écrivain de science-fiction, l’autre celui qu’il aurait pu devenir s’il avait continué à vendre des disques à Berkeley. Le dialogue entre les deux vise ainsi à faire émerger une compréhension de ce qu’est SIVA. Nous voyons transposé ici de manière romanesque le dialogue que Dick menait avec lui-même dans son Exégèse, avec ses correspondants ou ses proches. En effet l’interrogation ne porte plus sur la nature de l’humain mais sur le rapport avec le divin et la transcendance. La paranoia, la question sur la nature même de notre réel poussent toutes dans une direction mystique et aboutissent même dans une éthique de la résistance.
Beaucoup jugent le roman comme mineur, parce que publié de manière posthume, parce qu’en partie inachevé, parce que souvent confus et ne possédant pas le brio de SIVA. Je ne partage pas cet avis. J’aime son efficacité, son humour et la vivacité avec laquelle l’intrigue progresse.
Mince de mince. Alors voilà pour le bilan du premier semestre. Le compteur de la page d’accueil offre un petit chiffre tout rond et symboliquement plaisant. Le site est encore très jeune, il évolue tout doucement et commence même à s’orienter lentement vers ce que je voudrais qu’il soit. La progression de la fréquentation est constante. Nous atteignons régulièrement la cinquantaine de visiteurs uniques par jour.
Pour les amateurs de chiffres : - 7136 visites (et oui des gens ne passent pas tous par la page d’accueil) ; - 14630 pages vues ; - 66,4 % de windows, 25,27% de mac et 0,08% de iPhone ; - les pages les plus fréquentées sont l’interview de Tony Grisoni in english, celle d’Anne Mini et le forum.
Mise à jour :Et bien le site vient de connaître sa première attaque. Elle a porté sur le livre d’or qui s’est retrouvé envahi de spam. J’ai préféré supprimer la page dans un premier temps avant de trouver une solution.
Premier volume d’une trilogie, Le testament du docteur M, Tome 1 : Les araignées est une histoire policière qui se déroule à Paris alors qu’un amnésique s’échappe d’une mystérieuse clinique psychiatrique. Il possède un bout de pellicule d’une scène inédite du Docteur Mabuse de Fritz Lang et part en quête de lui-même alors que les meurtres s’accumulent autour de lui. La figure du docteur Mabuse liée à l’œuvre phénoménale de Fritz Lang (et par extension du père du Mabuse romanesque : Norbert Jacques) a de quoi attirer l’attention... Bien sûr il s’agit d’un premier volume qui pose plus l’intrigue et les personnages qu’il ne plonge dans le cœur du propos. Je me demande dans quelle direction va évoluer la série, du plus banal (les films de Fritz Lang dénoncent une réalité criminelle) au plus intéressant (mêlant fiction et réalité, cinéma et réel). Une chose est certaine : j’attends la suite.
Voilà l’affiche de Your Name Here. Si. Là. Juste derrière Traci Lord. (Désolé pour la pub sous l’image, mais ce n’est pas une photo libre de droits et c’est le seul moyen pour la reproduire ici.)
« Your Name Here » tries to turn the tragedies of Phillip K. Dick’s life into a bizarre “Pee Wee’s Big Adventure” meets “Memento” freak show. It’s not an awe-inspiring celebration of his art like “Ed Wood,” “The People vs. Larry Flynt” or “Man on the Moon.” It’s laughing at him, not with him, and comes off twisted and pretty damn sick if you ask me.
Ceci provient d’une critique assassine du film. L’impression générale semble être celle d’un film embarassant.
La rumeur courrait depuis quelques années. Le Prisonnier est de retour sur le petit écran. Sir Ian McKellen (IMDB, Allociné) sera un autre N°2 tandis que le très intense James Caviezel (IMDB, Allociné) reprendra le rôle du n°6. Le tout durera six épisodes avec un premier tour de manivelle prévu pour début août.
Alors bien sûr, quand je découvre cela, je suis tout chose. Pour tout vous dire, à dix-neuf ans, je travaillais tout un été pour me rendre quelques jours à Portmeirion !
Je demande comment il est possible de s’attaquer à un tel chef-d’œuvre sans tomber dans la redite ou la citation vaine. Refaire Le Prisonnier aujourd’hui me semble incongru. La série originale tire sa force dans le dépassement du cadre qui l’a vu naître. Les 60s. La Guerre Froide. Les mouvements contestataires. Ainsi le héros sans identité devait définir son ennemi non plus en termes d’Est et Ouest ; la peur de la perte de soi prenait alors un tout autre sens qu’une invasion communiste. Cela débouchait - dans un retournement narratif magistral - sur une interrogation sur la nature même de l’homme occidental moderne en tant qu’être social.
La série fut un échec commercial absolu, un OVNI télévisuel qui cristallisait toute la rage créative de Patrick McGoohan. Et qui, comme toutes les œuvres majeures dépassait les intentions initiales de son créateur.
Et ils veulent faire en faire la suite ? J’ai bien peur que cela ne soit que du Lost matiné de X-Files.
Nous avons parlé à de multiples reprises de Your Name Here, généralement avec un soupçon d’inquiétude dans la voix quant à la nature exacte de ce film et de ses connexions avec la biographie de Philip K. Dick. Le film est projeté cette semaine lors d’un festival américain : Cinevegas. Le site du festivaloffre tout d’abord une interview assez quelconque avec le réalisateur Matthew Wilder. Mais en prenant la peine de fouiller un peu, on trouve aussi la bande annonce de Your Name Here (cherchez la mention « video » et cliquez). Le montage frénétique reprend celui de la bande annonce de Orange mécanique et je me demande bien pourquoi.
Petite trouvaille pour ceux qui ne consultent pas régulièrement les galeries de photos consacrées à Philip K. Dick. Une photo d’une soirée entre amis, en 1978, avec Philip K. Dick, Nicole Panter, KW Jeter et Gary Panter vient juste d’apparaître !
(Pour les curieux : les galeries issues de flickr sont générées en temps réel en fonction des tags des photos postées. Elles sont utilisées ici en accord avec la charte et l’API de flickr. Elles évoluent ainsi constamment. Ainsi la page consacrée à Blade Runner a récemment vu passer une belle série de photos consacrées au Bradbury building et montre maintenant surtout une série de photos de poupées bladerunneriennes ! Je vous rappelle qu’il vous est également possible de participer à la galerie des dickiens.)
Comptez les films pour lesquels vous n’êtes pas prêt à payer un centime pour les voir sur un grand écran... Je place sans problème dans ma liste la suite du mémorable Donnie Darko de Richard ‘Southland Tales’ Kelly. Et pourtant c’est bien ce film improbable qu’Hollywood, dans son infinie sagesse, est en train de nous concocter. Daveigh Chase reprend son rôle de la sœur de ce pauvre Donnie épaulée par Elizabeth Berkley (Sauvé par le gong, Showgirls). Le tout est réalisé par Chris Fisher. Sa filmographie parle pour lui, c’est tout dire.
P.S.: comme de bien entendu, Richard Kelly n’a rien à voir, de près comme de loin, avec cette suite.
La Librairie Ys vient d’ouvrir ses portes virtuelles. On doit saluer l’événement. La Librairie Ys est une librairie exclusivement en ligne qui propose des livres d'occasion, rares, épuisés et de collection, relevant du domaine de l'imaginaire : science-fiction, fantasy, fantastique, etc. J’y suis allé traîner un peu histoire de fouiller un brin. Le stock inital est assez conséquent.
Et j’ai rapidement découvert le rayon, assez riche en occasions, consacré à Philip K. Dick.
Le mois dernier fut particulièrement riche. Ainsi nous avions : - Nous avons parlé un peu de Blade Runner et de Dark City ; - Nous avons commencé à nous intéresser au film Ubik. - Notre entretien avec Tony Grisoni sur The Owl in Daylight a été un grand moment (english page of Tony Grisoni’s The Owl in Daylight) ; - La pages des citations de Philip K. Dick a été lancée et fonctionne bien grâce à tous les participants. Note : je vous rappelle que le site est archivé mensuellement et que les articles précédents sont consultables grâce au menu de droite.
Dickien: (adj. m.): qui rappelle l'univers de l'écrivain Philip K. Dick.
Philip K. Dick
"I've seen things you people wouldn't believe. Attack ships on fire off the shoulder of Orion. I watched C-beams glitter in the dark near the Tannhauser gate. All those moments will be lost in time, like tears in rain. Time to die." Blade Runner